Un air de gavroche moqueur a remplacé ses moues ténébreuses de dandy mélancolique. Raphael, bientôt 40 ans, père d’Aliocha, une douzaine de mois, et de Roman, 6 ans, ne fait pas encore ses nuits, tire des petits roupillons en plein jour comme des impromptus de Mozart et bâille avec délicatesse. La fraîcheur veine pourtant Somnambules, septième album sur l’enfance de l’art. Les mômes y piaillent avec des accents moqueurs: «Un chœur, par définition, ne chante jamais faux. Au pire, il déraille.» Le ténébreux s’illumine, Peter Pan incrusté chez les adultes. «Ces histoires d’homme-enfant, d’ange Raphael, etc. viennent des gens qui collent toujours des images pour comprendre.» Gros soupirs du chanteur, qui sera l’une des têtes d’affiche de la prochaine Fête de l’espoir, le 30 mai. «Pfff, rien ne me gêne, moi.»