La bouille est encore froissée par un réveil qu’on devine tardif, et le regard clair semble un peu lointain. Il est 17 h, un soleil replet brille sur la rade, notre terrasse est à l’ombre. Raphael parle doucement, si léger qu’on tend l’oreille pour tout saisir. Le chanteur français est arrivé jeudi à Genève. Ce samedi soir, à 18 h 25 précise, il se produit à la Fête de l’Espoir. En solo, avec une guitare, peut-être accompagné de son pianiste si ce dernier reste en ville. Au programme, vingt minutes de scène, puis retour au bercail. De passage pour la première fois dans la grand-messe de la variété — un marathon de 19 groupes en show-case plus qu’en concert —, l’auteur de Caravane devra ensuite se concentrer sur une tâche autrement plus hardue: trouver des musiciens, mettre sur pied un spectacle, partir en tournée. A suivre dès l’automne. Pour l’heure, Raphaël Haroche de son vrai nom, 40 ans en novembre, mesure avec une apparente sérénité le travail déjà accompli. Paru en avril dernier, «Somnambules», septième album depuis «Hôtel de l’univers» il y a quinze ans, marche plutôt bien.